Taghi Akhbari

Initié, dès sa jeunesse, aux raffinements du chant persan, Taghi Akhbari rêve de rencontres musicales entre l’Orient et l’Occident.
Lorsqu’il arrive, dans les années 80, à l’Institut de Touraine, c’est pour apprendre « au pays des Lumières », la langue de Balzac et de Victor Hugo qu’il a déjà lus en persan.
La guerre avec l’Irak obligera Taghi, le jeune Iranien, à s’installer en France. Mais il garde avec sa terre natale un «cordon ombilical », une empreinte laissée dans son cœur par un maître du chant persan.
« Pendant des années, assis en tailleur, avec le plus grand respect, je l’écoutais, répétant ses exemples. Mais le maître ne nous apprenait pas que le chant, les modes et les ornements, il nous enseignait aussi, par sa présence, la pureté du cœur. » Depuis plus de trente ans, Taghi fait fructifier cet héritage.
Chaque jour, toujours enraciné dans la tradition, il exerce sa liberté, en improvisant sur des poésies de Rumi ou Omar Khayyâm dans des volutes enivrantes comme l’encens et des cascades bondissantes de milliers de gouttelettes de musique brillant au soleil de sa voix. Plus qu’un travail vocal, « c’est une quête d’absolu » avec pour horizon un rêve : un lieu où se rencontreraient l’Orient et l’Occident. Un rêve où chacun écoute ce que l’autre a à dire et s’en enrichit.
Accompagné du tar, Taghi Akhbari offre un miroir oriental aux raffinements de la Renaissance italienne par Doulce Mémoire.
Déjà, sa voix a croisé le flamenco d’Inès Bacan, fait danser les chevaux de Bartabas, tourné avec les derviches mis en scène par Robert Wilson, s’est mêlée aux accents rock d’un album du guitariste de Noir Désir, a tissé ses entrelacs enivrants avec ceux de la Renaissance italienne par Doulce Mémoire ou trouvé des échos inouïs au grégorien de l’ensemble Beatus.
Et Taghi continue, déterminé, son rêve et son chemin vers un horizon de tolérance et de beauté universelle, convaincu que « le soleil ne se lève que pour celui qui marche à sa rencontre ».