Lapin, Coyote… bestiaire indien

Lecture-spectacle
Choix des textes, lecture et chants : Jean-Luc Debattice
Avec : Magali Imbert, flûtes
Sébastien Clément, percussions

Issus des traditions orales de divers peuples amérindiens, du nord au sud du continent, ces contes, poèmes et chants mettent en scène les animaux dialoguant entre eux ou avec l’espèce humaine. Ils déjouent les ruses du chasseur, ils sont les intercesseurs auprès des dieux, expliquent les origines du monde et de la vie sur terre à travers les mythes et les légendes. A ces animaux, il arrive toutes sortes d’aventures qui, par la bouche des conteurs, les plongent dans des situations incroyables pour leur gloire ou leur déconvenue. Il y a surtout chez les Indiens une véritable jubilation à raconter des histoires où se révèlent une grande finesse d’observation, la sagesse de leur philosophie et un sens inné du burlesque. Avec, en vedette, le personnage de Coyote, on verra que les soirées sous le tipi ne devaient pas être tristes.
Un sort particulier sera réservé au bison et au cheval qui concluront la lecture. D’abord parce que le bison, chez les Indiens des Plaines, est l’animal par excellence dans son utilité et sa noblesse : sa chair nourrit, sa peau habille, ses nerfs tendent les arcs et de sa corne on sculpte le calumet, symbole de la méditation et de la paix. Mais il a emprunté le masque de la colère quand les troupeaux furent presque entièrement exterminés par les chasseurs blancs lors de l’avancée du chemin de fer dans les territoires. Ensuite, le cheval, apparu tardivement dans la mythologie indienne, illustre la beauté et l’orgueil d’un peuple, son courage dans la résistance ; c’est le fer de lance de la lutte et l’espoir de survie. Enfin, la musique, au son des flûtes et des tambours, par les rythmes et les chants, évoquera, à travers une tentative de ré-interprétation de notre part, les danses de cérémonies sur des modes répétitifs. Cette tradition orale et l’apport musical constituent pour nous le témoignage vivant des peuples d’Amérique décimés par les colons, lesquels achevèrent de les rendre impuissants en les parquant, ainsi que des bestiaux, dans des réserves ; ils offrent en outre l’occasion au public d’explorer d’autres pistes que celles, balisées, qui conduisent à la représentation et aux valeurs de notre propre monde.